Lesbothon | Introduction

Ça fait longtemps que j’en parle, now is the time : le lesbothon arrive.

Oui, oui, c’est bien ce que vous pensez: un marathon de lesbiennes! Bon, c’est plutôt un «marathon», sur long terme, de visionnement et de critiques de web/séries et films dans lesquelles on retrouve un ou des personnage.s de femme.s lesbienne.s, bisexuelle.s/romantique.s ou pansexuelle.s/romantique.s ou une histoire d’amour ou de sexe entre femmes.

Cette série interminable d’articles consistera donc en une sorte de continuation/spin-off de “Lesbianisme 101 : Intérêts lesbiens au petit et au grand écran

Après avoir essayer de faire une liste chronologique des films “de lesbiennes”, j’ai décidé de ne pas attendre d’avoir tout vu avant de commencer. L’ordre sera donc relativement aléatoire, voues pourrez même faire vos demandes spéciales pour que je me presse plus à écrire sur un film qu’un autre! (Mais sachez que NOPE je ne vais pas regarder La vie d’Adèle et donner une raison d’être au harcèlement. C’est ma limite.)

Il y a quelques trucs  savoir avant de se lancer…

Les critiques

Aucun produit culturel n’est parfait, surtout en tout ce qui a trait à la culture populaire. Il y a toujours des éléments qui pourraient être apportés, des sujets et perspectives qui sont ignorées et mises de côté. On pourrait donc facilement utiliser cet argument pour excuser les problématiques de plusieurs films. C’est pourquoi il me semble important d’analyser chaque «oeuvre» non seulement individuellement, mais aussi dans le contexte culturel (populaire) dans lequel elle est produit.

Parce que ce n’est pas un problème en soit d’avoir un film racontant une histoire d’amour entre deux femmes blanches cisgenre et aisées qui correspondent aux standards de féminité. Ce qui est un problème c’est lorsqu’il n’y a que ça sur nos écrans — ou majoritairement du moins.

Bien sûr, un seul film ne peut couvrir toutes les réalités. Il y aura toujours des réalités qui seront laissées sous silences dû au background des personnages d’une histoire donnée. Mais est-ce que ça excuse que tous les films couvrent les mêmes réalités? Je ne crois pas. On a beau pouvoir couvrir des réalités semblables avec toutes les variantes et nuances du monde, lorsque la soit-disant diversité se limite aux manières de voir toujours les «mêmes» réalités, on a une vision plutôt restreinte de celle-ci.

Va aussi de soit lorsqu’on utilise, par exemple, le contexte socio-historique pour expliquer la blancheur dans les distributions, comme si les personnes racisées avaient commencé à exister en même temps que les Jackson Five.  Ce n’est pas en racontant les histoires toujours sous le même angle qu’on s’assure de changer quoi que ce soit. Le racisme ne peut être excusé aussi facilement. Et malheureusement, les lesbofilms ne font pas exception à l’exclusivité des vies racontées. Rares sont les personnes de couleur, racisées, trans, en situation d’handicap, non-conformes aux standards de beauté, etc. qui ne seront pas de l’histoire seulement en token (minoritée/marginalisée de service).

La rareté biaise les standards.

Il y a probablement plus de films et séries incluant des personnages lesbiennes que ce qu’on peut croire. Suffit de faire une petite recherche Google pour voir que ça ne se limite pas aux 3-4 seules dont on parle dans les médias mainstream. Bien évidemment, c’est loin d’être assez et le budget moyen de ces productions est assez limité. Celles qui obtiennent le plus d’argent sont plus souvent qu’autrement produit par des hommes cisgenre (surtout des hétéros et des blancs).

Personnellement, le manque de choix fait baisser mes standards d’appréciation. Lorsque j’ai envie d’écouter un film d’amour qui ne soit pas hétéronormatif, je vais faire fît des trucs qui me dérangent pour essayer d’apprécier un minimum le visionnement. Malheureusement, le fait que je puisse faire ainsi est majoritairement dû à mes positions de privilège. Même que je me sens souvent comme une mauvaise alliée de réécouter aussi souvent des films qui sont 99,9% blanc, des films aux propos ciscentriques et à l’humour trop souvent cissexiste… Je pourrais me consoler en me disant que les films hétéros ne sont pas mieux, mais reste que ce serait ignorer le problème. Je préfère en être consciente et le nommer à chaque fois que c’est le cas. Je vais probablement oublier de parler de plusieurs systèmes d’oppression, de plusieurs problématiques que je connais moins, mais sentez voues bien à l’aise d’ajouter vos points dans les commentaires.

Critique socio-féministe.

Je ne suis pas une passionnée de cinéma. Lorsqu’on essaie de me convaincre de visionner un film en utilisant comme argument des noms de réalisatrices.teurs, des criquets se font entendre. Je ne connais pas le jargon cinématographique et je suis nullement en position de faire des jugements sur les techniques utilisées. Mes critiques sont plus dans un optique d’analyse de la culture pop comme reflet de et influence sur la société. Donc, une analyse sociologique et féministe d’un produit créé et visionné dans un contexte socio-culturel donné.

Ça sonne bien recherché, mais ça risque d’être assez léger. No worries. Pop féministe à la rescousse.

J’ajouterai que mes critiques seront faites sous la perspective d’une féministe lesbienne griasexuelle blanche et cisgenre avec troubles de santé mentale. 

#DRAMA

Historiquement, les films relatant une histoire d’amour entre deux femmes ont la réputation de finir en tragédie: meurtre, suicide, séparation forcée des amoureuses par leurs familles/les autorités, etc. Phénomène qui aura rendu une grande partie de noues blasée de toujours—et surtout: seulement—voir de telles histoires racontées. Heureusement, depuis beaucoup a changé et des histoires qui finissent bien, il y en!

Il faut aussi faire attention de ne pas tomber dans les arguments sexistes en disant que deux femmes ensembles, ça ne peut mener à rien d’autre que du drame, ou en réduisant les problématiques des femmes à du «drame» et des faux-problèmes.

Bien évidemment il faut faire la différence entre les histoires qu’on shoot au facteur-drame pour faire mousser l’histoire ou parce qu’on prend pour acquis que c’est comme ça que les femmes aiment ça, et une histoire où on voit des personnages évoluer au travers de situations difficiles de toutes sortes. Et surtout, n’oublions  pas que les problèmes de santé mentale peuvent arriver à toutes, même aux lesbies, bin oui!

Sexualité

C’est une critique que j’entends souvent, comment les films «de lesbiennes» mettent en scène des rapprochements physiques trop doux. Comme si la seule chose que des femmes étaient en mesure de faire au lit, c’était de se flatter et de se dire qu’elles sont douces. C’est d’un ridicule assez évident.

Il faut par contre faire attention avec ce genre de critique, parce qu’elles ont tendance à invalider et invisibiliser les identités sur le spectre de l’asexualité. Si pour certaines ça énerve de voir des scènes de sexes non-explicites, pour d’autres, ça fait du bien de voir autre chose que de la sexualité comme élément validateur d’une relation.

Est-ce qu’on ne montre pas assez de scènes de sexes réalistes entre femmes à l’écran? Ou est-ce qu’on ne montre pas plutôt trop de scènes de sexe hétérosexuel?

Ce n’est pas tout noir ou blanc. Une réponse qui convient à mes deux vues sur la chose, c’est qu’on a tendance à normativiser les rapports sexuels et ne montrer que ce que truc et machins veulent bien qu’on voit. Ça exclu donc les relations asexuelles ainsi que les relations avec une sexualité considérdée comme «non conventionnel».

Y’a aussi une partie de moi qui est grandement mal à l’aise d’entendre ou lire des hommes hétéros commenter sur comment ils ont apprécier La vie d’Adèle quand je ne fais que me dire que ça aura rassasier, l’espace d’un film, leur désir maladif de s’incruster dans une relation sexuelle entre deux femmes, même si ce n’est que comme voyeur. Voir sa sexualité fétichisée et être constamment sexualisée par les hommes, c’est un astée de gros problème. Et comme on ne peut pas les empêcher de voir les lesbofilms, j’ai un sentiment très partagé lorsqu’on parle d’en montrer plus à l’écran, côté sexualité. Pour qui? Oui pour certaines femmes, mais aussi pour les mêmes innocents qui noues harcèlent dans les bars lorsqu’ils apprennent notre orientation sexuelle et/ou romantique. #yapasdissue

The L Word

Le prérequis pour comprendre plusieurs références, c’est d’avoir écouter The L Word, série culte chez les lesbiennes. C’est une série qui a marqué son temps, surtout parce que la seule série mainstream où on suivait presque exclusivement des vies de femmes lesbiennes. Le succès de cette série repose donc fortement sur cette rareté plutôt que sur sa qualité.

La série est mal écrite, les femmes sont toutes issues de milieux aisées, majoritairement blanches, correspondent aux critères de féminité imposés par la société et tralala. Ce n’est pas un chef-d’oeuvre et ça vieillit extrêmement mal.

Considérant la multitude d’articles écrite sur la série, ses problématiques et le rôle positif qu’elle aura pu jouer pour certaines, je me permets de croire que je peux facilement skipper cette critique… et aussi éviter le supplice que serait l’écoute de la télé-réalité qui s’en ait inspiré: The Real L Word

Je ferai plutôt une liste d’articles classées par sujet/aspect que je pourrais mettre à jour avec vos suggestions. Puis, lorsque j’aurai le cœur et l’énergie, j’écrirai mon Ode à Jenny.  ♥

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