Brailler en Jachère | Extrait : Tannée de toute

J’suis tannée de toute.

J’ai hâte d’avoir mon chez mouée, mon Oz, mon air, mon refuge, ma bulle.

J’ai hâte d’être à l’aise complètement à un endroit, de mettre mes énergies sur mon environnement. Un environnement sain. Un environnement adapté à mes besoins. Un environnement où, comme Buffy et ses vampires, je choisis qui peut passer l’entre de ma demeure ou pas. Un environnement contrôlé, où mes limites sont respectées. Un environnement sans animaux où mes poumons peuvent respirer librement, enfin.

J’ai hâte d’avoir tout mon matériel informatique et artistique à la même place, pas disperser aux 4 coins de la ville, d’avoir l’espace pour faire mes projets, sans stress.

Puis, j’ai hâte d’avoir fini avec ça. Ça s’en vient, je sens. Je ne suis pas complètement détachée. Je ne crois pas que je le serai réellement un jour; j’ai trop une bonne mémoire émotionnelle. Mais au moins, je m’éloigne du sentiment amoureux, j’oscille entre haine, rancune et indifférence… dans l’espoir d’atteindre la stabilité dans le dernier.

J’essaie de me préparer mentalement pour la première fois où nos chemins se recroiseront. Peut-être que ça n’arrivera jamais. Y’a de ces genses que Cosmos ne remet pas sur notre route, peut-être es-tu l’une d’entre elles. Peut-être est-ce seulement de la torture que d’y penser, que c’est inutile au fond. Toutes ces crises d’angoisse anticipées que j’aurais pu m’éviter, ces palpitations que j’aurais pu sauver; peut-être que d’y penser, ça ne fait que m’fatiguer le myocarde et me diriger plus rapidement vers l’arrêt cardiaque.

À Chaque OSTIE de fois!

Pour celleux qui n’ont pas eu vent de l’agression sexiste et homophobe qui s’est produite au festival western de Saint-Tite, voici un petit résumé avant que je m’exprime sur la chose:

Trigger Warning: harcèlement sexuelle, vocabulaire homophobe et violence physique.

Une jeune femme marche avec son frère dans les rues du village alors que deux ostis de tarla se mettent à la harceler sexuellement. (Je ne suis pas journaliste, alors je ne vais pas surveiller mon langage.) Son frère se retourne alors pour leur demander s’ils avaient un problème. C’est alors que la tension monte entre jeune homme homosexuel et un des tarlas. (L’histoire ne dit pas où est rendu où l’autre couillon.)

Pour faire fuir le harceleur, le jeune lui dit qu’il est «crissement chaud», phrase qui peut être interprété de deux façons, soit «t’es crissement beau» ou «t’es crissement saoul». L’agresseur aurait compris le second sens, alors que le premier était en fait le sens voulu, et il devient de plus en plus violent. La jeune soeur, pour calmer le tout, explique le sens et prend son frère par le bras, l’incitant à partir.

Voilà que l’agresseur, après avoir laissé échappé un «Ark» bien senti lorsqu’il comprend que le jeune homme est gai, s’écrit «EILLE CRISS DE FIF» pour qu’il se retourne, et lui donne un coup de bouteille de bière en vitre sur la tête. Le jeune homme tombe par terre, inconscient, et l’agresseur s’acharne sur son cas, continuant de le frapper, même s’il baigne dans son sang et qu’il est littéralement sans défense.

Mathieu Grégoire a survécu à l’attaque d’une violence sans nom. Sa soeur en ressort traumatisée, le bruit des coups de bouteille en vitre sur le crâne de son frère la hante.

«Ne lis pas les commentaires», disent-iels

C’est la même astée d’affaire à toutes les criss de fois. J’ai un arrière goût amer de l’agression lesbophobe que j’ai vécu en 2013. Les commentaires de Monsieur-Madame tout le monde portent la même violence. Une violence qui ne s’est pas arrêtée le soir de l’agression, mais qui a continué sur les réseaux sociaux et qui n’arrête jamais réellement. Une violence que l’on subi tou.te.s à chaque fois que l’un.e d’entre nous en est victime. À chaque fois, c’est nous tou.te.s qui en sommes la cible. 

Si Mathieu Grégoire ne se dit pas rancunié, moi, je le suis! À un moment donné il faut que les agresseurs prennent la responsabilité pour la violence qu’iels font subir! Bien sûr, la société est hétérosexiste, mais la responsabilité ne lui revient pas toute, faut savoir admettre lorsqu’on opprime/fait violence à quelqu’un.e/plusieurs.

Le déni, le ciboire de déni 

Plusieurs personnes, toujours dans les commentaires, disent que ce n’est pas de l’homophobie, que c’était juste un gars trop saoul. Même chose qu’on noues a dit: « faut pas argumenter avec des gars saouls», «laissez-les faires, ‘sont saouls». C’est toujours de notre faute, au fond. Il ne faut pas réagir quand y’a des gars intoxiqués autour de nous, ils sont maître de la soirée. Être saoul, y parraît que ça excuse tout chez les privilégié.e.s, alors des hommes blancs cisgenre et hétérosexuels saouls, ça peut se battre, être harcelant, faire des commentaires sexistes et misogynes, violer… tout l’kit. «Y’étais saoul, c’pas de sa faute.»

Bin oui, bin oui. 

Puis, on continue en nous accusant d’être «paranoïaques» et «de voir de l’homophobie partout», comme si ce n’était pas le cas. Si on voit de l’homophobie et de la lesbophobie partout, pourquoi on prend pour acquis qu’on l’imagine, pourquoi on peut pas juste comprendre que si on en voit, c’est parce qu’il y en a? Pourquoi sommes-nous automatiquement considéré.e.s comme folles et fous ? Pourquoi ne pas se questionner sur la quantité effrayante de violence hétérosexiste qu’on retrouve dans la province encore aujourd’hui? Chaque fois qu’on nomme les problèmes, c’est une tempête de déni qui s’acharne sur nous. On prétend qu’on invente des affaires, qu’on joue aux victimes. Croyez-moi, la pitié, c’est bien le pire sentiment qui peut être dirigé envers quelqu’une. C’est certainement pas quelque chose qu’on recherche.

Distance, racisme et islamophobie.

C’est tellement difficile de faire parti d’un groupe oppresseur, dur d’admettre ses privilèges, alors on essaie de mettre la faute sur un groupe auquel on n’appartient pas, toujours, peu importe le sujet.

Le Québec n’est pas homophobe, non, ce sont les cowboys qui le sont… ou bien les gens de régions éloignées, de villages… J’en ai même vu prétendre que c’était la faute de «l’immigration musulmane».

Bin oui toué. Un festival de blancs cowboys infiltré par l’islam et qui vire homophobe. (Sarcasme) Comme si l’homophobie n’existait pas avant que «les musulmans débarquent», comme qu’iels disent. Des blancs, probablement de descendance catholique, qui prétendent que ce sont les personnes immigrantes et leur religions qui apportent la violence au Québec. 

Pourtant, ce sont des blancs qui nous ont agressé.e.s dans la rue. Et ai-je vraiment besoin de mentionner que les personnes mulsumanes de mon entourage ont tou.te.s été très présentes et d’un support hors pair? 

Ça me fâche, on se sert d’une agression homophobe pour renforcir un discours haineux raciste et islamophobe. On produit plus de violence avec de la violence. On en n’a pas assez? Les deux n’ont absolument aucun lien! Je ne comprends pas du tout comment ses personnes raisonnent, mais ça me fait peur, honnêtement. Peur de voir à quel point les discours des médias sont dangereux. Peur de voir à quel point les gens qui n’ont pas accès à d’autres sources d’information que la propagande n’ont pas l’esprit critique et embarquent dans ces faussetés sans même se questionner. Peur de voir notre violence en tant que groupe de blancs colonisateurs.

Sexisme et harcèlement sexuel.

Notons aussi comment les gens réagissent en accusant le jeune homme d’avoir répliqué, d’avoir défendu sa soeur qui s’est fait harceler sexuellement par les tawouins. Remarquons aussi que, seulement en disant au taré qu’il était beau, celui-ci a réagit en lui câlissant une volée… avec une bouteille de bière.

Qu’est ce que ça vous dit, vous qui défendez le catcalling (ou harcèlement de rue)? Une femme devrait le prendre tout harcèlement comme un compliment, même si elle n’est pas intéressée, mais un homme ne peut recevoir de compliment de la part d’un autre homme? Il faut qu’il réponde avec de la violence physique pis c’est correct? Et si une femme se défend, c’est une sale féministe frustrée? Je ne comprends pas comment on n’arrive toujours pas à comprendre. 

Venez pas me dire «ouais mais là, le gars est hétéro» parce que tout ce que j’ai à dire c’est que la fille, elle, elle est lesbienne et l’orientation sexuelle d’une femme n’a jamais été un détail qui importait dans l’équation, son consentement non plus, d’ailleurs. Parce que tant d’hommes croient que c’est changeable, la sexualité d’une femme. Tant d’hommes croient que c’est correct de remettre en question l’identité sexuelle d’une femme, que c’est correct de s’inviter dans sa sexualité sans son consentement. Par contre, un homme hétérosexuel, faut même pas qu’un autre homme lui dise qu’il est beau, ça c’est trop, ça les fait virer su’l’top. Mais c’est pas homophobe, qu’iels disent… c’est même pas sexiste… c’est juste… naturel. (Sarcasme)

Lettre ouverte à Dame Nature

Avertissement: J'hais ça le #smalltalk, ça me rend irritable, mais là, c'est pour une situation de majeure importance, désolée, ça implique de parler de la météo:


Chère Dame Nature,

Je comprends que nou.e.s, être humains, n'avons pas été bin smatt avec Gaïa ces derniers centenaires, encore moins durant les récentes décénies.

Je comprends aussi que nou.e.s en subissons présentement les conséquences.

Je fais du mieux que je peux pour faire ma part, être full écologique et rendre Diane Dufresne bin fière. Il reste que les personnes qui polluent le plus, se sont les chefs d'entreprises, les gens bin loadée, qui ont les moyens d'avoir l'air climatisé au fond sans se soucier de s'illes seront en mesure de payer la facture d'électricité qui suivera. Cercle vicieux de dépense d'énergie pour survivre aux changements climatiques dû à nos propres dépenses énergétiques et notre pollution…

Le problème, c'est que c'est encore les personnes moins nantis qui écopent. En tant qu'Amazone de la Côte[-Nord], la température de la métropole me pèse. J'ai de la difficulté à fonctionner, à bouger, à me concentrer et même à parler. Je suis souvent sur le bord de l'évanhouissement et même des vomissements. Ça me rend impatiente, irritable et je n’ai pas la force de remédié à la situation.

Que faire? Aller dans des endroits climatisés? Consommer, dépenser, seulement pour ne pas mourrir de chaleur, littéralement?

Je suis consciente du privilège que j’ai d’avoir accès à l’eau en tout temps, consciente aussi du privilège d’avoir un toit sur la tête, même sans logement fixe, je sais toujours où je couche le soir même. Reste que le capitalisme et la pollution, ensemble, c’est un maudit mix explosif.

Et là, Dame Nature, je comprends que tu veux punir notre groupe entier, avec les changements climatique, je suis d’accord qu’en tant que groupe, les humains, on est des astée de marde. Mais à cause des éléments non-naturelles de nos société, i.e. les constructions sociales, le patriarcat, le capitalisme, les systèmes d’oppression; les punitions, les «plus» responsables s’en tire, en aggravant la situation pour tous les autres. Illes se sentent au dessus de tout, et, avec les structures présentes, illes n’ont pas tort.

Je sais que tu ne peux pas juste arrêter de punir tout le monde non plus. Mais je te demande de t’allier avec les forces cosmiques et surnaturelles pour nou.e.s aider, classe ouvrière/populaire, à ne pas mourrir tout de suite. Sans nou.e.s, la situation ne fera que ce déteriorer, les riches ne se rebelleront jamais, à moins d’être dépassé en richesse par autrui.

Alors je t’implore de slaquer un mini peu sur le chauffage, au pire, à certains endroits précis, comme… par exemple: autour des populations de classes moins nantis. En voues alliant avec Bianca Gervais, Cosmos, Karma, Forces Obscures et toi, j’suis certaine qu’on arrivera à quelque part.

JE DÉBLATÈRE, J’AI CHAUD, JE SAIS PU QUOI FAIRE HELLLPPPPPPPPPPP. *Délire climatique*


k.

bye.

Réflexions d’une angoissée | Les déboires de l’écriture

Y’a quelque chose d’insécurisant dans l’écriture, surtout lorsque l’intention est de publier. 

C’est comme si on partageait un cliché de notre cerveau à un moment précis, une étape figée d’une chose qui ne peut réellement stagner (à moins d’être fermée à l’évolution de soi). La réalité, comme je la vois, c’est que toute pensée est incomplète, puisqu’elle continue de faire son chemin dans notre esprit même après avoir été «immortalisée» dans les écrits. Donc d’une certaine manière, dès qu’on publie, notre pensée n’est déjà plus exactement où elle était au moment de le faire. Du moins, c’est comme ça que je me sens face à plusieurs textes sur lesquels je travaille. Je n’arrive pas à les terminer parce que plus j’écris, plus ma pensée change/évolue et plus je prends conscience de nouvelles perceptions et nouveaux éléments qui influencent comment je pourrais aborder le sujet ou comment je pourrais ajouter, encore, à ce que j’ai à dire.

Alors voilà, je ne publie pas toujours, mais j’écris beaucoup. C’est simplement difficile pour moi de décider quand ma réflexion est assez développée et «complète» pour être arrêtée (d’une certaine manière, comme une photo d’un fil pensif, une étape de la pensée immobilisée par la publication) et partagée, sans pour autant qu’elle en soit à la fin de son évolution.

Peut-être que la seule manière d’être en paix avec ce qu’on publie, c’est de se dire qu’un texte parfait n’existe pas, parce que de toute façon ça voudrait dire qu’on a atteint le point finale d’une réflexion et qu’un tel point n’existe pas puisque que ça voudrait simplement dire qu’on est «stallé.e.s» dans l’évolution et que, dans l’absolue, ce serait en fait LA MORT DE L’ÂME (et de l’humanité).

Puis partager, c’est aussi de se donner l’occasion de construire une distance nourrit par le regard des autres et leurs perspectives nouvelles, pour ensuite pouvoir pousser encore plus loin la réflexion.

Pis là, ça c’est incomplet pis c’est bin correct de même.

#braillerenjachere #notebook #writtingproject

#braillerenjachere #notebook #writtingproject